Des herbes au balcon : micro-agriculture urbaine à Paris

Photo herbes aromatiques

Dans le pot de gauche : basilic à petites feuilles, dans la jardinière : estragon, ciboulette, coriandre et thym, dans le pot de droite : verveine.
Au sol : des radis dans la jardinière et dans la caisse en bois : de la salade à couper et un pied de tomate, couché par le vent

Quand j’ai commencé à cuisiner, j’allais cueillir les herbes directement dans le jardin. Ciboulette, menthe, persil, coriandre, sauge, thym, romarin, basilic, oseille : j’avais l’embarras du choix. Après tout, il ne peut pas y avoir que des inconvénients à être ado au fin fond de la campagne berrichonne.

Je ne me rendais pas compte à quel point c’était un luxe. Pour moi, à l’époque, le luxe ultime aurait été d’avoir un scooter…  A 2€ pour une (petite) botte d’herbes au marché bio ou 1,50€ le (micro) sachet au supermarché, les économies peuvent être substantielles, mais je pense plutôt au luxe d’avoir à portée de main en permanence des produits ultra-frais.

Aussi, débarquée à Paris, j’ai naturellement fait pousser quelques herbes sur mon balcon.

Herbes1Basilic du balcon

Mais j’ai fini par me dire que manger des légumes bio mais les relever avec des herbes possiblement chargées en polluants, ce n’était pas très rationnel. J’avais alors eu vent de cette étude allemande de 2012 qui a relevé la présence de métaux lourds dans des légumes cultivés en ville à proximité d’axes routiers, quelle que soit l’espèce cultivée. De quoi stopper net mes grands desseins maraîchers au cœur de Paris.

Mais la qualité des légumes en milieu urbain n’est pas la préoccupation des seuls jardiniers du dimanche. La question est en effet assez cruciale pour l’avenir des projets d’agriculture urbaine qui se multiplient ces temps-ci. Début avril, j’ai assisté à une conférence captivante sur le sujet, dont je vous reparlerais sans doute.  L’information qui m’avait interpellée ce soir-là, rapport à ma fibre jardinière, était l’étude conduite par AgroParisTech (école d’ingénieurs spécialisée dans le vivant et l’environnement) sur les toits de l’école : elle a a montré que  les teneurs en polluants des plantes cultivées au cœur du Quartier Latin sont 10 à 100 fois inférieures aux normes en vigueur. Imaginez comme j’ai été soulagée d’apprendre la nouvelle.

La rigueur scientifique aurait sans doute voulu que je compare en détail les deux études (et d’autres encore) avant de trancher sur un sujet si sensible pour l’hypocondriaque que je suis. Mais sans aller jusque là, je me suis dit que la circulation dans mon quartier est plutôt raisonnable – loin en tout cas du seuil des 5000 véhicules par jour évoqué dans la première étude.

Le FDLCB (Front de libération de la ciboulette et du basilic) remercie aussi la Mairie de Paris d'interdire le quartier aux voitures tous les dimanches

Le FDLCB (Front de libération de la ciboulette et du basilic) remercie aussi la Mairie de Paris d’interdire le quartier aux voitures tous les dimanches

Par ailleurs, les quantités d’herbes que nous ingérons sont tout de même suffisamment faibles pour ne pas risquer l’intoxication. Bref, en faisant (temporairement ?) fi de mes peurs, j’ai  décidé de ne plus me priver d’herbes fraîches à la demande. J’ai donc ressorti les jardinières, le terreau et les graines, j’ai aussi triché en achetant quelques jeunes plants en pots sur le marché. Et tadam ! Deux mois plus tard, voilà le résultat :

Photo herbes aromatiques

Dans le pot de gauche : basilic à petites feuilles, dans la jardinière : estragon, ciboulette, coriandre et thym, dans le pot de droite : verveine.
Au sol : des radis dans la jardinière et dans la caisse en bois : de la salade à couper et un pied de tomate, couché par le vent

Je vous reparlerai de mon micro jardin, pour vous faire part des enseignements et des ajustements prévus pour la suite. Je vais aussi m’efforcer de poster quelques  recettes dans lesquelles j’utilise des herbes aromatiques.

Et vous, êtes-vous freinés dans vos élans d’agriculture urbaine par crainte de la pollution ? Que cultivez-vous sur votre balcon ou dans votre jardin ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *