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Les confitures Re-belle, ou comment des fruits (et des légumes !) écartés des circuits de distribution font le régal de nos petits déjeuners et goûters. Avec cet article, je poursuis mes rencontres avec ceux qui agissent au quotidien pour une alimentation plus durable.

J’aime beaucoup la confiture. La manger bien sûr – qui peut résister à la tentation d’une cuillerée douce et acidulée sur une tranche de pain, beurré ou non au petit déjeuner ou au goûter ? – mais j’adore aussi la faire. Bénéficier de ce que la nature nous offre gratuitement et du surplus de fruits cultivés, voilà pour moi tout l’intérêt des confitures.

Je fais donc des confitures lorsque j’ai accès à des fruits gratuits ou presque et je n’achète  généralement qu’une cagette de fraises ou d’abricots à confiture chaque année ou je cuis rapidement des fruits achetés en trop grande quantité qui risquent de se perdre.

Lorsque j’ai entendu parler des confitures Re-belle, j’ai tout de suite trouvé excellente l’idée d’utiliser des fruits (et des légumes !) invendus pour les transformer en confiture. Je suis donc allée rencontrer Colette Rapp, la fondatrice de Re-belle dans le laboratoire de Romainville où elle met au point et fabriquer ses confitures.

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Comment a germé l’idée des confitures Rebelle ?

« Lors de mes études, j’étais surtout intéressée par les enjeux humains de l’économie en général et de l’alimentation en particulier. Pour l’alimentation, cela passe par assurer un salaire décent à ceux qui nous nourrissent. C’était pour moi la priorité et les questions environnementales venaient ensuite, mais j’ai vite réalisé que tout est lié : le respect des hommes et de la Terre vont de pair. C’est alors que je me suis engagée dans le mouvement disco-soupe qui organise des événements festifs dans la rue avec des légumes invendus. Cela permet de créer du lien et de sensibiliser du monde à la problématique du gaspillage alimentaire sans être culpabilisant. Lorsque j’ai découvert une initiative londonienne de fabrication de chutneys à base de fruits et légumes invendus, j’ai eu envie de me lancer dans les confitures suivant le même principe. »

Comment as-tu appris à faire des confitures ?

Je me suis formée en passant un CAP de cuisine en cours du soir pour les aspects hygiène, organisation du poste de travail en particulier. J’ai également suivi une formation dédiée à la transformation des fruits en Lozère et j’ai pratiqué et pratiqué encore. Nous avons fait énormément de tests avant de nous lancer.

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As-tu des « secrets » de fabrication de confiture à nous donner ?

Je suis originaire d’Alsace et j’ai eu la chance de rencontrer Christine Ferber via une connaissance commune. Elle ne m’a pas transmis ses secrets, mais elle nous a proposé de faire  de la confiture devant elle et de nous faire quelques retours pour que nous nous améliorions – NDLR : je dis chapeau car pour se lancer devant LA papesse des confitures, il faut faire preuve d’un certain cran !
Elle nous a conseillé de remuer le plus possible les fruits pendant tout le processus pour faire évaporer un maximum d’eau rapidement et limiter ainsi le temps de cuisson pour garder le goût du fruit le plus intact possible.

Rebelle n’est pas qu’une initiative anti-gaspillage alimentaire, il y a aussi une dimension sociale. Peux-tu nous en dire plus ?

Rebelle est accompagnée dans sa structuration et son développement par l’association romainvillaise A table citoyens ! engagée pour une alimentation responsable tant sur le plan environnemental que social et favorisant l’insertion au niveau local.

Re-belle partage d’ailleurs la cuisine de Baluchon, un traiteur responsable qui cuisine des repas à partir de produits non transformés tout en permettant la réinsertion de personnes éloignées du monde du travail. Nous voulons aussi inscrire Re-belle dans cette démarche de réinsertion.

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Quelle sont tes recettes de confitures favorites ?

J’aime beaucoup l’association de la fraise et de la pêche pour le goût et la couleur magnifique et pomme-orange-épices qui évoque vraiment les confitures de Noël et du côté des associations audacieuses : les tomates au poivre !

Où trouver les confitures Rebelle ?

Les confitures Re-belle sont distribués dans plusieurs magasins à Paris et en Île-de-France et même en ligne. Très bientôt, vous trouverez dans les magasins Monoprix des confitures préparées avec les fruits écartés des étals des magasins de l’enseigne.

Merci à Colette Rapp pour le temps qu’elle m’a consacré et son enthousiasme communicatif. Du coup depuis la rentrée j’essaie de récupérer à moindre prix des fruits invendus chez mon primeur de quartier pour faire des compotes et des confitures !

Le 21 juin dernier les confitures Re-belle ont remporté le prix de l’innovation de concept du CERVIA qui promeut l’alimentation d’Île-de-France et a décroché de ce fait un ticket pour le SIAL (le salon International de l’Alimentation) qui se tient à Paris du 16 au 21 octobre. Les confitures Rebelle vont continuer à faire parler d’elles !

Update Novembre 2019 : Colette est partie vers de nouvelles aventures agricoles depuis quelque temps mais l’aventure des confitures Rebelle continue et prend même de l’ampleur puisqu’on trouve désormais des confitures Re-belle dans certains magasins Carrefour.

Vous pouvez suivre l’actualité de Re-belle sur le site, sur Facebook ou Instagram

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9 réflexions sur « Les confitures Re-belle, anti gaspillage et responsables »

  1. Boiron

    Super je regarde l’émission anti-gaspi ! Il faudrait beaucoup de personnes comme elle. Bon courage pour elle et son équipe !

    Répondre
  2. Peggy

    Bravo pour votre initiative! J’adore!
    Je m’occupe d’une association en Inde Du Sud à Bangalore dont la mission et d’éduquer les plus défavorisés par l’éducation. Ainsi, Nous soutenons les Enfants des rues et bidonvilles pour leur permettre d’aller à l’école.
    Mais nous nous intéressons aussi aux femmes en leur proposant de devenir autonome par la formation et la création de micro entreprises.
    Nous nous sommes donc naturellement orientées vers un projet de fabrication de confitures.
    J’aimerai que vous puissiez nous faire profiter de votre expérience et De vos connaissances sur le sujet.
    Process, hygiene, conseils en tout genre.
    L’Inde n’étant pas LE modèle pour nous aiguiller sur ce genre de produits.
    Merci à vous.

    Répondre
    1. Jessica Kroon Auteur de l’article

      Merci Peggy ! Mais de mon côté je n’ai fait que relayer l’initiative de Colette et des ses confitures Re-belles. Je vous fais passer ses coordonnées par e-mail afin que vous puissiez échanger avec elle.

  3. Ella

    Bonjour Jessica,

    Je vous écris car si vous êtes d’accord nous aimerions reprendre votre photo (la 1ère) pour la mettre sur notre site marchand (restauration livrée en entreprise) en vous mentionnant et en intégrant un lien revoyant sur votre article.

    Nous pouvons en discuter de vive voix (ou par mail) si vous le souhaitez,

    Je suis joignable au 01 69 75 14 07

    Très belle journée,

    Ella Sargent,

    Répondre
    1. Jessica Kroon Auteur de l’article

      Oui Zevelyne, ça fait chaud au cœur de rencontrer ceux qui œuvrent pour une alimentation plus durable, c’est exactement ce que je chercher à partager avec les « Rencontres » ! Je suis très heureuse que ça te plaise !

    1. Jessica Kroon Auteur de l’article

      Je suis bien d’accord avec toi, Laura, je trouve que c’est une chouette initiative, en plus les confitures sont délicieuses ^^

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